1.3.15

LA VILLE MERVEILLEUSE (A CIDADE MARAVILHOSA) de JANE CATULLE MENDÈS

Jane Catulle Mendès em ilustração do frontispício do livro

A poetisa francesa Jane Catulle Mendès (1867-1955; nome de solteira: Jeanne Nette), "um nome feminino que é a um tempo o maior expoente das letras e da elegancia de seu sexo na capital da civilização occidental" (O Paiz, 20/9/1911, p. 5, anunciando sua chegada) viúva do escritor e poeta Catulle Mendès, visitou o Rio de 20 de setembro a 6 de dezembro de 1911, sendo regiamente recebida nos melhores salões da nossa Belle Époque, dando três conferências, a última no Theatro Municipal (intitulada "Les Femmes de Lettres Françaises"), chegando a ser recebida em audiência especial pelo Presidente da República.

Encontrou uma cidade recém-emergida de um “banho de loja” que foi a reforma urbanística de Pereira Passos. Encantada com a cidade, sobretudo pela flora e belezas naturais, escreveu uma série de poemas de “amor ao Rio” publicados em Paris em 1913 em volume intitulado La Ville Merveilleuse - Rio de Janeiro - Poèmes

Já no primeiro poema descrevendo a chegada (de navio, na época) na Baía da Guanabara, escreve a poetisa: Jamais tant de splendeurs n’ont ébloui les yeux! C’est ici le pays de toute la lumière (Jamais tantos esplendores deslumbraram os olhos ! Aqui é a terra de todas as luzes) e no poema final, "Adieu" ("Adeus"), escreve: Rio douce et fougueuse au visage doré (Rio doce e briosa de semblante dourado”). E no poema Dans Longtemps (Daqui a muito tempo) a autora não poupa declarações de amor à cidade: Cité voluptueuse et tendre (Cidade voluptuosa e meiga) Cité d’or” (Cidade de ouro) Rio radieuse, ô Ville des étoiles” (Rio radiante, ó Cidade das estrelas) Merveilleuse Rio, Ville de la Beauté” (Rio Maravilhoso, Cidade da Beleza).

Poderíamos então dizer que Jane Catulle Mendès criou a designação Cidade Maravilhosa para o Rio? Criar, propriamente, não criou, em um ou outro artigo de jornal já havia sido empregada. Por exemplo, em matéria em A Notícia de 22/5/1907 intitulada "No Palacio Monroe" lemos (transcrevo na ortografia da época): “Está ainda na lembrança de todos os habitantes desta cidade maravilhosa a rapidez com que o general [...] concluio o Palacio Monroe, para o qual aproveitou o mesmo plano e grande parte de elementos que serviram na architectura do pavilhão brasileiro da Exposição Universal de S. Luiz”. Nesse mesmo jornal, na edição de 6 de julho de 1909, na matéria “Dez Annos Atrás” lemos: “ [...] passeando esta cidade de tão lindas ruas novas, percorrendo as avenidas, respirando um ar que não é o das antigas vielas infectas, habitando uma nova cidade maravilhosa e salubre [...]”. Idem em exemplares de A Notícia de 1909 e 1910. E a edição de 20/3/1913 apresenta um artigo inteiro sobre as belezas de nossa cidade intitulado A CIDADE MARAVILHOSA (assim em maiúsculas e negrito; mas isto será objeto de outra postagem futura).

Se Jane Catulle Mendès não foi exatamente a "criadora" da expressão Cidade Maravilhosa, foi a primeira a empregá-la como título de uma obra literária. O livro em que tanto enalteceu nossa cidade hoje é uma raridade bibliográfica, nunca foi reeditado. Em comemoração aos 450 anos de sua fundação reproduzo aqui estão alguns poemas (no original francês, muito bem construídos, bem ritmados, bem rimados, bem metrificados). Para quem domina o idioma de Corneille e Racine é sopa no mel...

Agradeço a Alexei Bueno por ter gentilmente permitido a consulta a este livro de sua biblioteca. As fotos do Rio Antigo, da época em que Jane esteve por aqui, dão uma ideia do que ela teria visto e foram obtidas na Biblioteca Nacional Digital.

La Ville Merveilleuse - RIO DE JANEIRO - POÈMES.

Frontispício. A epígrafe de VICTOR HUGO diz: "Ah! Ce navire fait le voyage sacré."

Primeiro poema descreve a chegada na Baía da Guanabara

CRÉPUSCULE
         A M. Nabuco de Gouvêa

Belle Rio courbée autour du flot chantant,
Que baigne une atmosphère ambrée et diaprée
De topaze, d’opale e d’agate cendrée,
Dans la docilité du doux soir consentant,

Sous le ciel rapproché de ce sublime instant,
Rio muette ainsi qu’une femme sacrée
Et pâle de porter une ardeur ignorée,
Quel est l’amant divin que ton silence attend ?

L’a-bas, la Tijuca semble un nuage mauve,
Le Couchant soufre a l’air d’un oiseau qui se sauve
Pour qu’au monde plus rien ne trouble ton repos ;

Mais à quoi rêves-tu dans ton ombre irisée,
A quels enivremens fanatiquement beaux,
Rio couleur de perle et pleine de rosée...


PRAIA VERMEILHA
         A Madame Laurence de Lalande.

O Praia Vermeilha, douce, ronde, irisée,
O plus petite perle et la plus ravissante
Du beau collier cernant la Ville éblouissante,
Fieur de nacre, riant joyau, grain de rosée,

Parmi tant de beautés hautes et spacieuses,
Etroitement divine et seulement jolie,
Vous offrez, coin du monde où le monde s’oublie,
Une châsse dorée aux âmes bienheureuses.

Luisante entre les monts quel pouvoir est le vôtre !
Vous semblez grande à peine autant qu’une fenêtre,
Et pour vous visiter, n’est-ce pas? il faut être,
Alors que l’on est deux, serrés l’un contre l’autre.

O Praia Vermeilha, charme, rêve, folie,
Asile caressant, droite à votre terrasse,
Je vous livre ardemment en cet instant de grâce,
Ma solitude altière et ma mélancolie.

Ah! Reviendrai-je un jour, refuge qui flamboie,
Un front contre mon front, un bras à mon épaule,
Forte comme l’azur, pliante comme un saule
Et le cœur plein d’un dieu, vous confier ma joie...


NOCTURNE
         A M. R. G. de Sigueira-Fritz.

Dans la nuit de caresse et d’attirant mystère
Où rôdent les dangers adorés de l’été,
La Tijuca drapée en sa sombre beauté,
Dressa sa grâce douce, auguste et volontaire.

Au fond de l’ombre molle où tout bruit va se taire,
La Ville qui s’allume est un ciel répété,
Et la montagne avec sa tendre majesté,
Joint aux astres d’en haut les astres de la terre.

Un musical secret comble le cœur humain,
Des rèves immortels parcourent le chemin,
On entend murmurer des choses invisibles ;

Un faune léger passe, échappé d’un beau parc,
Et contre un bananier, sous les palmes sensibles,
L’âpre Amour embusqué tend doucement son arc.


CE SOIR...

Ce soir, un délirant crépuscule s’étale
Sur le Corcovado rempli de papillons,
L’abîme de feuillage est criblé de rayons
Dont chacun est un chaud et flamboyant pétale.

Ce soir est tout entier comme une grande fleur,
Comme les fleurs d’ici, sanglantes et lascives ;
Ah ! mon cœur exalté, se peut-il que tu vives
Si surchargé d’émois, de parfums, de chaleur.

Les rouges papoûlas, ardents de mille fièvres,
Dans les branchages verts où brûlent leurs aveux,
Tremblent de volupté, comme sous des cheveux
Un visage caché ne montrant que les lèvres.

On ne peut respirer l’air cruellement doux,
Le mont est embrasé de soupirs et d’arômes,
Les flots phosphorescentes sont chargés de fantômes,
Tant d’azur est au ciel qu’il va tomber sur nous.

Tout est trop grand, trop fort, trop lourd, trop charmant même,
Je ne peux plus subir cet excès de beauté,
Rien qu’une odeur de plus, rien qu’un mot ajouté...
Je mourrais si quelqu’un me disait : « Je vous aime. »


SOIR MARIN
         A M. A. Gasparoni.

Mer qui frappes ton cœur contre le roc du Lème
Avec les battements de ton beau sang nerveux,
Mer chaude de désir et tremblante d’aveux,
Ton cri d’amour, ce soir, est plus grand que toi-même

Sur ton sein soulevé, tendre et couleur de gemme,
La Copacabana pose un collier de feux ;
Mais le mont insensible aux splendeurs que tu veux
Met la borne du monde à ton appel suprème.

Mer que dompta Jésus, d’où naquit Asterté,
Mer qui reçus la foi, qui donnas la beauté,
Mer des miraculeux exils, je te dédie,

En ce soir de messie où le divin est vrai,
Mon rêve impatient, mon cœur de mélodie,
Et je goûte le sel de ton flot consacré !


DANS LONGTEMPS
         A M. F. Guimaraes.

Quand vous ne serez plus la Ville que vous êtes,
Que vous serez plus belle encor, belle Rio,
Quand mon nom lumineux qui nomma deux poètes
Ne sera plus qu’un son gravé sur un tombeau

Quand, ô blance Cité voluptueuse et tendre,
Toute la cérébrale et lasse humanité
Viendra se reposer du devoir de comprendre
Dans le sein naturel de ta jeune beauté,

Quand la mélodieuse et fraîche poésie
Eteinte aux durs pays de forge et de métal,
O seule vérité dont le cœur s’extasie !
Chantera pour toujours dans les nuits de cristal,

Quand dans nos bois mourra notre dernière fée
Et que peut’être, un jour, une de tes forêts,
Une vierge forêt verra revivre Orphée
Et les lions couchés à ses beaux pieds distraits,

Alors, ô Cité d’or que j’aurai tant chantée,
Dont j’aurai la première et d’une telle ardeur,
Comme Pygmalion anima Galathée,
Eveillé l’âme éparse au fond de la splendeur,

O Rio radieuse, ô Ville des étoiles,
Dans longtemps, dans longtemps, lorsque je dormirai
Sous la pierre blanchâtre et sous les blanches toiles,
Conserve un peu pour moi de souvenir sacré.

Que penché sur ce livre où j’ai dit ta jeunesse,
Plein de recueillement un jeune cœur rêveur
Mèdite mon brûlant poème et reconnaisse
Comme pour ta beauté j’ai montré de ferveurs.

Qu’un jeune homme pareil à ceux-ci que je voie
Vers mon front réfléchi lever leurs grands yeux noirs,
Sente éclater en lui une soudaine joie
A retrouver l’accent de tes premiers espoirs.

Que la tête en se mains, dans la Bibliothèque
Construite près des monts où poussent des fleurs d’or,
Où l’enfant indolent dévore une pastèque,
Où la mer vient briser son éternel essor,

Il songe à ce passé de sa belle patrie
Dont mon livre sera l’harmonieux gardien,
Que d’un cœur favorable et d’une âme attendrie
Il aime mon pays puisque j’aimais le sien.

Et puis que contemplant ma souriante image,
Tout ce qui restera de celle que je fus,
Son cœur vivant me rende encore un doux hommage
Et soit pris lentement de regrets imprévus.

Qu’il pense trop à moi, qu’il m’aime enfin, qu’il m’aime,
Puisque je n’ai jamais rien voulu que l’amour,
Que par-delà l’instant de mon souffle suprême,
Je sois aimée encore une heure, encore un jour !

— Et qu’un vieillard aussi dire : « Je l’ai connue ;
« Ecoute, ô cher enfant serré sur mes genoux,
« C’est de la France un jour qu’elle nous est venue,
« La France, tu sais bien, le pays le plus doux... »

Que l’enfant sérieux et que le vieillard grave,
Ah ! que tous deux encor me prennent dans leur cœur,
Quand je repouserai dans la pierreuse entrave,
Que leur amour sur moi tombe comme une fleur.

Si par ma douce voix tu fus un peu charmée,
Merveilleuse Rio, Ville de la Beauté,
Aime-moi quelque temps ; quelque temps être aimée
C’est tout ce que je veux pour immortalité.


ADIEU
         A M. Amaral França.

Quelques jours s’éteindront, et puis je partirai.
Je ne serai plus là, tendre et contemplative,
Avec mon cœur docile à ce qui le captive,
Rio douce et fougueuse au visage doré,

J’aurai chanté ta force et ton charme admiré,
Le secret enflammé de ta foi primitive,
Ton angoisse de toute haute tentative,
Et prédit l’avenir qui vient selon ton gré.

Je t’aurai fait le bien que l’on fait quand on aime,
Je te dirai merci de ta beauté suprême,
Et puis, me détournant une dernière fois,

Je partirai. — Puisses-tu, Ville éblouissante,
Garder un peu de temps l’ombre de la passante
Et l’écho recueilli de sa légère voix.



PARA UMA SELEÇÃO MAIOR DE POEMAS DO LIVRO CLIQUE AQUI
VEJA TAMBÉM NESTE BLOG: A CIDADE MARAVILHOSA de COELHO NETO e QUAL A ORIGEM DA EXPRESSÃO "CIDADE MARAVILHOSA"?

Nenhum comentário: